Trois obstacles majeurs devront être franchis pour que les véhicules automatisés puissent être commercialisés et fonctionner. Il s'agit des facteurs technologiques, réglementaires et sociétaux.
Sur le plan technologique, la priorité absolue est le fonctionnement fiable de tous les systèmes qui communiquent entre eux. Les caméras vidéo, les capteurs radar et lidar ainsi que le système GPS doivent se protéger contre une défaillance totale au moyen d'une structure redondante, tout comme dans un avion. De plus, les capteurs ne sont pas encore capables de fonctionner par tous les temps et dans des situations dangereuses. En outre, la mise en réseau numérique rend les voitures robots tout aussi vulnérables aux attaques de pirates informatiques que les PC, et une petite erreur logicielle peut provoquer toute une série d'accidents. En ce qui concerne les algorithmes d'apprentissage automatique, il n'existe à ce jour aucune solution largement acceptée pour garantir leur sécurité. Le développement d'une recherche et d'un développement de pointe est donc d'une immense importance.
En ce qui concerne les barrières sociétales, une certaine proportion de la population craint encore les VA. L'une des principales raisons en est les récents accidents mortels dans lesquels des voitures autonomes ont été impliquées. En outre, les véhicules autonomes n'ont pas droit à l'erreur, car les accidents sont trop médiatisés compte tenu des menaces éthiques que représentent les machines susceptibles de nuire aux humains.
Enfin, les questions réglementaires sont complexes car elles dépendent de nombreux facteurs tels que le pays dans lequel l'accident a eu lieu, le niveau d'automatisation, le propriétaire du véhicule, les facteurs externes de l'accident, la source de la défaillance (est-ce le conducteur ou le système qui a causé l'accident ?). Cela dit, le cadre réglementaire actuel permet aux systèmes partiellement automatisés de circuler sur la voie publique (L2*). En cas d'accident où le conducteur du véhicule est en faute, la responsabilité incombera souvent au propriétaire du véhicule. Cependant, à mesure que les véhicules deviennent complètement autonomes (L5*), la responsabilité peut être transférée aux fabricants de véhicules ou aux fournisseurs de technologie si l'accident est dû à une défaillance du système. Les implications réglementaires ne sont pas encore claires pour les véhicules L3* et L4*, où les conducteurs ou les téléopérateurs peuvent prendre le contrôle du véhicule automatisé si celui-ci se trouve dans une situation dangereuse. Une nouvelle ordonnance sera bientôt publiée en Suisse concernant les véhicules L3* et L4*.
*Niveaux d'automatisation de la conduite, de 0 à 5, le niveau 5 correspondant à des véhicules entièrement autonomes ne nécessitant pas de volant à l'intérieur du véhicule. Plus d'informations sur les niveaux d'automatisation ici.