Association suisse pour la mobilité autonome

Les transports sans conducteur entraîneront des pertes d'emplois mais en créeront d'autres ; selon une étude de l'UE menée sur deux ans, la question est de savoir si l'Europe sera capable de reconvertir sa main-d'œuvre assez rapidement.

Le projet CCAM-ERAS recense les emplois qui seront supprimés et ceux qui seront créés par la mobilité automatisée, alors que son événement de clôture à Bruxelles marque la fin de deux années de recherche sur la transition socio-économique vers les transports sans conducteur.

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Raphaël Sauvain

Publié le

BlogEducation, Projet

SAAM, l’Association suisse pour la mobilité autonome, figurait parmi les 13 partenaires du projet CCAM-ERAS, un projet « Horizon Europe » consacré aux répercussions sociales et sur l’emploi de la mobilité connectée et automatisée. Le consortium du projet a publié le communiqué de presse ci-dessous à l’issue de son événement de clôture, qui s’est tenu à Bruxelles le 9 juin 2026. L’une de ses conclusions concerne directement la Suisse : la nécessité de former les administrations publiques aux niveaux local et régional. Les cantons et les villes suisses seront chargés d’autoriser les véhicules sans conducteur à partir de mars 2028. L’ SAAM prévoit de développer son offre d’information et de formation à l’intention de ces autorités.


Une étude menée pendant deux ans sur l’impact des véhicules autonomes sur l’emploi en Europe dresse un bilan contrasté : les métiers traditionnels de conduite et de maintenance manuelle devraient connaître un déclin à mesure que la mobilité connectée, coopérative et automatisée (CCAM) progresse, même si cette transition crée de nouveaux métiers pour lesquels le secteur ne dispose pas encore de personnel qualifié. Compte tenu de la tension qui règne sur le marché du travail européen, ces pertes seront compensées dans une large mesure par de nouveaux postes, mais selon les chercheurs, le véritable défi consiste à déterminer si les travailleurs pourront se reconvertir suffisamment rapidement vers ces nouveaux métiers pour suivre le rythme.

Le projet CCAM-ERAS, une initiative financée par Horizon Europe et regroupant 13 partenaires issus de neuf pays, avait pour objectif d’évaluer les impacts sociaux, techniques et sur l’emploi des technologies émergentes de conduite autonome. Ses conclusions ont été présentées dans leur intégralité lors de l’événement de clôture du projet, qui s’est tenu à Bruxelles le 9 juin 2026.

Les pertes les plus évidentes concernent les chauffeurs de camion et de taxi ainsi que les postes de maintenance manuelle, à mesure que les systèmes automatisés prennent en charge une part croissante de la conduite proprement dite. Parallèlement à ce déclin, cependant, l’étude met en évidence une reconfiguration substantielle des tâches : les chauffeurs et les techniciens évoluent vers des rôles de supervision, de diagnostic et d’assistance numérique, tandis que des postes entièrement nouveaux apparaissent pour planifier, exploiter, réguler et sécuriser les systèmes de mobilité automatisés. À partir d’un inventaire des tâches réalisées dans six cas d’utilisation concrets, allant de la logistique portuaire et des terminaux aux transports partagés et publics, le projet a identifié douze professions de ce type, regroupées en quatre domaines :

  • Le fonctionnement quotidien de CCAM : chargés de clientèle, gestionnaires de flotte, spécialistes des opérations à distance, techniciens, conducteurs de sécurité
  • Préparer le terrain pour le déploiement : planification des infrastructures et fonctions d'ingénierie
  • Politiques et réglementation : responsables des politiques, souscripteurs d'assurance, développeurs d'interfaces d'applications
  • Mise en place de la technologie sous-jacente : ingénieurs en systèmes audiovisuels, responsables de la conformité, spécialistes en cybersécurité

Le projet souligne que les déficits de compétences sont déjà manifestes et devraient s'accentuer, car les systèmes d'éducation et de formation s'adaptent plus lentement que la technologie elle-même. Ce déficit est particulièrement important pour les travailleurs qui quittent des postes en déclin dans les domaines de la conduite et de la maintenance ; ceux-ci auront besoin de parcours clairs vers les métiers que le secteur est en train de créer pour que la transition se fasse en douceur et non de manière perturbatrice.

Sa recommandation : les employeurs, les pouvoirs publics et les prestataires de formation devraient s'appuyer dès à présent sur ces profils professionnels, ainsi que sur la liste élargie comprenant douze métiers, pour définir des parcours de formation, en anticipant la demande. Le projet a validé ces conclusions à la fois par le biais d'un atelier réunissant les parties prenantes et en mettant à leur disposition des supports de formation initiaux élaborés en réponse à ces conclusions.

Ce projet a également mis en évidence la nécessité urgente de renforcer les compétences des administrations publiques, en particulier au niveau local (municipal) et régional. L’un des résultats a été la mise en place d’un séminaire de formation de deux jours visant à améliorer la compréhension des collectivités locales en matière de réglementation, d’autorisation et d’évaluation.

Ioanna Kourounioti, responsable de projet chez Panteia, a déclaré :

« Le CCAM ne se résume pas à une simple transition technologique ; il va redéfinir les emplois, les compétences et les systèmes de mobilité à travers l’Europe. En tant que coordinateur du projet, Panteia est fière des réalisations et des connaissances acquises dans le cadre du projet CCAM-ERAS, qui ont permis de rassembler l’expertise de l’ensemble de la chaîne de valeur du CCAM afin de transformer les données factuelles en recommandations concrètes. Notre ambition commune est de veiller à ce que la mobilité automatisée se développe de manière à créer de la valeur publique, à soutenir les travailleurs et à offrir une mobilité sûre, durable et inclusive pour tous. »

Notes à l'attention des rédacteurs

  • Le livre blanc du projet CCAM-ERAS, la vidéo du projet et l'ensemble des résultats (modélisation de l'emploi, prospective des compétences, évaluation de l'impact socio-économique et recommandations politiques) sont disponibles sur le site web du projet : www.ccam-eras.org
  • Le projet CCAM-ERAS est coordonné par Panteia BV (Pays-Bas) et financé par la Commission européenne dans le cadre du programme « Horizon Europe ». Parmi les partenaires figurent CINOP, Cambridge Econometrics, PAVE Europe, CORTE, MaaSLab, Rupprecht Consult, SINTEF, ITS Norway, le WMG de l'université de Warwick, et SAAM

Contact presse pour SAAM

Raphael Sauvain
Responsable de la communication
raphael.sauvain@saam.swiss

Financé par l'Union européenne, avec le soutien du Secrétariat d'État à l'Éducation, à la Recherche et à l'Innovation (SERI). Les points de vue et opinions exprimés ici n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement ceux de l'Union européenne.


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